
Cette consultation concernait une femme de 31 ans, travaillant comme freelance dans le secteur du digital.
Son activité impliquait de longues journées passées devant un ordinateur, des périodes de stress importantes liées aux échéances professionnelles et une charge de travail très variable selon les périodes.
Elle consultait principalement pour des douleurs pelviennes présentes avant et après ses règles, associées à des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie). Malgré un suivi gynécologique régulier, ces douleurs avaient progressivement modifié son quotidien : limitation des activités physiques pendant certaines périodes du cycle, appréhension des rapports, fatigue importante et sensation de tensions permanentes dans le bassin.
Le diagnostic d'endométriose avait déjà été posé par son gynécologue grâce aux examens complémentaires adaptés. L'objectif de la consultation n'était donc pas d'établir un diagnostic, mais de comprendre comment ces douleurs influençaient le fonctionnement global de son corps et d'identifier les leviers pouvant participer à améliorer son confort.
L'endométriose est une maladie inflammatoire chronique caractérisée par la présence de tissu ressemblant à l'endomètre en dehors de la cavité utérine. Ces lésions peuvent provoquer une réaction inflammatoire locale responsable de douleurs, parfois importantes, notamment pendant les menstruations, mais également tout au long du cycle chez certaines patientes.
Selon leur localisation, elles peuvent également entraîner des douleurs digestives, urinaires, lombaires ou des douleurs lors des rapports sexuels. Au fil des mois, le corps développe souvent des mécanismes de protection. Afin de limiter les douleurs, certaines zones deviennent progressivement moins mobiles, tandis que certains groupes musculaires restent contractés de façon quasi permanente.
Le diaphragme pelvien, les muscles profonds de la hanche, les adducteurs, les muscles abdominaux et même le diaphragme respiratoire peuvent présenter une augmentation de leur tonus.
Ce phénomène est fréquent dans les douleurs chroniques : le système nerveux cherche à protéger la région douloureuse, mais cette protection finit parfois par entretenir les symptômes.
La première partie de la consultation a donc été consacrée à un interrogatoire approfondi. Nous avons repris ensemble l'évolution des douleurs, leur lien avec le cycle menstruel, les circonstances d'apparition des dyspareunies, les traitements déjà entrepris, mais également son rythme de vie, son activité physique, son niveau de stress et l'impact de la douleur sur son quotidien.
L'examen clinique a ensuite permis d'évaluer la mobilité du bassin, des articulations sacro-iliaques, du rachis lombaire, des hanches ainsi que la qualité de la respiration.
Chez cette patiente, plusieurs éléments retenaient l'attention : une diminution de mobilité du bassin, une hypertonie importante des muscles ilio-psoas et des adducteurs, une respiration principalement thoracique avec une faible mobilisation diaphragmatique et une tension marquée de la sangle abdominale profonde.
Le traitement n'avait évidemment pas pour objectif de traiter l'endométriose elle-même. Les lésions d'endométriose relèvent d'une prise en charge médicale spécialisée. En revanche, il était possible d'agir sur les adaptations mécaniques développées progressivement par le corps afin de limiter certaines contraintes susceptibles d'entretenir les douleurs.
La séance a débuté par un travail respiratoire. Ce choix peut sembler surprenant, mais le diaphragme thoracique et le plancher pelvien fonctionnent de manière étroitement coordonnée.
Une respiration haute, peu ample, augmente souvent les contraintes exercées sur la cavité abdominale et limite la mobilité naturelle des tissus pelviens. Restaurer une respiration diaphragmatique permet fréquemment de diminuer le niveau global de tension musculaire.
Nous avons ensuite travaillé les mobilités du bassin à l'aide de techniques articulaires douces. L'objectif n'était pas de rechercher un « craquement », mais de redonner de la mobilité aux articulations sacro-iliaques et à la charnière lombo-pelvienne afin de répartir plus harmonieusement les contraintes mécaniques.
Une partie importante de la séance a également été consacrée au travail myofascial. Les muscles ilio-psoas, les adducteurs, les fessiers profonds ainsi que certaines structures fasciales abdominales présentaient une hypertonie importante.
Des techniques progressives de relâchement tissulaire ont été utilisées afin de diminuer cette tension excessive, améliorer le glissement des tissus et restaurer une meilleure liberté de mouvement.
Le travail s'est poursuivi par une approche douce des tissus abdominaux. Chez les patientes souffrant d'endométriose, la région abdominale devient parfois extrêmement sensible. Les techniques sont donc toujours réalisées dans le respect du confort de la patiente, sans recherche de douleur.
L'objectif est d'améliorer la mobilité des tissus superficiels et profonds lorsque celle-ci paraît diminuée, sans jamais agir directement sur les lésions d'endométriose.
Enfin, nous avons réévalué la mobilité globale afin de vérifier les adaptations obtenues au cours de la séance et d'identifier les points nécessitant un travail actif à domicile.
Une large partie de la prise en charge s'est ensuite construite autour des conseils. Nous avons notamment mis en place un travail quotidien de respiration diaphragmatique pendant cinq à dix minutes afin de favoriser la détente du diaphragme et du plancher pelvien.
Des exercices doux de mobilité du bassin, des hanches et du rachis lombaire ont également été proposés afin d'éviter que les tissus ne retrouvent progressivement leur niveau de tension initial.
Compte tenu de son activité essentiellement sédentaire, nous avons également discuté de l'organisation de ses journées de travail.
L'objectif n'était pas de modifier complètement son activité professionnelle, mais d'introduire des pauses régulières, quelques mouvements de mobilité et des changements de position afin de limiter les contraintes mécaniques prolongées sur la région lombo-pelvienne.
Comme souvent dans les douleurs chroniques, la consultation s'est terminée par un temps consacré à l'explication des mécanismes de la douleur.
Comprendre pourquoi certaines douleurs persistent, même en dehors des règles, permet fréquemment de diminuer l'inquiétude et d'améliorer l'adhésion au traitement.
Cette dimension pédagogique fait, selon moi, partie intégrante de la prise en charge.
L'ostéopathie ne traite pas l'endométriose et ne remplace jamais le suivi réalisé par le gynécologue. En revanche, intégrée à une prise en charge pluridisciplinaire, elle peut contribuer à améliorer la mobilité, diminuer certaines tensions musculaires et accompagner les patientes dans la gestion des adaptations mécaniques induites par la douleur.
Si vous présentez des douleurs pelviennes, des douleurs pendant les règles ou lors des rapports sexuels, ou si vous souhaitez simplement bénéficier d'un avis personnalisé sur votre situation, je vous accueille au cabinet afin de réaliser un bilan complet et de construire avec vous une prise en charge adaptée à vos besoins.Prendre rendez-vous sur Doctolib : https://www.doctolib.fr/osteopathe/annecy/gabriel-carro/booking/availabilities?specialityId=10&telehealth=false&placeId=practice-561395&motiveIds%5B%5D=11096886&pid=practice-561395&source=profile
