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Que faire après une entorse ? Guide complet pour récupérer correctement

Une entorse est souvent banalisée. Pourtant, une prise en charge inadaptée est l’une des principales causes de douleurs persistantes, d’instabilité chronique ou de récidives, notamment au niveau de la cheville. 

Chaque année, des milliers de patients reprennent trop vite leurs activités ou immobilisent excessivement leur articulation, retardant ainsi la cicatrisation ligamentaire. 

Dans cet article, vous allez comprendre précisément quoi faire après une entorse, quelles erreurs éviter, comment gérer les premiers jours, quand reprendre l’appui, quels exercices réaliser et à quel moment consulter un professionnel de santé.

Qu’est-ce qu’une entorse ?

Une entorse correspond à un étirement excessif ou à une déchirure partielle ou complète d’un ligament. 

Le ligament est une structure fibreuse reliant deux os entre eux afin de stabiliser une articulation. La cheville est l’articulation la plus touchée, notamment lors d’un faux mouvement en inversion du pied. 

Cependant, une entorse peut également concerner le genou, le poignet ou les doigts. On distingue généralement trois niveaux de gravité :

- Entorse légère : étirement ligamentaire sans rupture importante.

- Entorse modérée : rupture partielle du ligament avec gonflement marqué.

- Entorse grave : rupture complète avec instabilité importante et parfois arrachement osseux associé.

Les signes qui doivent alerter immédiatement

Certaines situations nécessitent une consultation médicale rapide afin d’éliminer une fracture ou une lésion sévère :

- impossibilité totale de poser le pied au sol 

- douleur osseuse importante sur la malléole ;

- gonflement massif immédiat ;

- déformation visible ;

- sensation de craquement au moment du traumatisme ;

- engourdissement ou perte de sensibilité ;

- douleur qui augmente fortement après plusieurs jours.

Selon les critères d’Ottawa utilisés en médecine du sport, une radiographie est souvent indiquée lorsqu’il existe une incapacité à faire 4 pas ou une douleur osseuse précise au niveau de la cheville. 

Les premières 72 heures : quoi faire immédiatement après une entorse ?

Les recommandations modernes ne reposent plus uniquement sur le repos complet. Les données scientifiques récentes privilégient désormais le protocole PEACE & LOVE, largement utilisé dans la prise en charge des blessures ligamentaires. 

Le protocole PEACE

Protection

Durant les 1 à 3 premiers jours, il est important de limiter les mouvements douloureux afin d’éviter d’aggraver la lésion. Cela ne signifie pas une immobilisation stricte systématique. Une chevillère, une orthèse ou parfois des béquilles peuvent être utiles temporairement. L’objectif est de protéger sans complètement arrêter le mouvement.

Élévation

Surélever la jambe aide à limiter l’œdème et la sensation de tension.La cheville doit idéalement être placée légèrement au-dessus du niveau du cœur pendant 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour.

Éviter les anti-inflammatoires systématiques

Les recommandations récentes soulignent qu’une inflammation modérée participe au processus naturel de cicatrisation ligamentaire. L’utilisation excessive d’anti-inflammatoires peut potentiellement perturber cette réparation tissulaire. En revanche, des antalgiques simples peuvent être utilisés selon l’avis du professionnel de santé.

Compression

Le port d’une bande de compression ou d’une chevillère limite l’œdème et améliore le confort. Attention cependant à ne pas trop serrer :

  • les orteils ne doivent jamais devenir froids ou bleus ;
  • la compression ne doit pas augmenter la douleur.

Éducation

Une entorse met du temps à cicatriser. Même une entorse dite “simple” nécessite souvent 4 à 6 semaines de récupération ligamentaire réelle. Vouloir reprendre trop vite le sport augmente fortement le risque de récidive.

Faut-il marcher après une entorse ?

Dans la majorité des cas, oui. Les études actuelles montrent qu’une reprise progressive de l’appui, dès qu’elle est tolérable, favorise une meilleure récupération ligamentaire et réduit le risque de raideur articulaire. Le principe est simple :

- douleur acceptable : l’appui est autorisé ;

- douleur importante ou boiterie majeure : il faut réduire la charge temporairement.

La règle générale est d’éviter toute augmentation importante des douleurs dans les heures suivant l’activité.

Quand commencer la rééducation ?

Le plus tôt possible. Une rééducation précoce diminue le risque d’instabilité chronique et améliore la récupération fonctionnelle. Les objectifs sont progressifs :

  1. retrouver la mobilité ;
  2. récupérer la force ;
  3. restaurer l’équilibre et la proprioception ;
  4. reprendre les gestes sportifs.

Exercices à réaliser après une entorse

1. Mobilisation de la cheville

Exercice à débuter dès diminution importante de la douleur. Position :

Asseyez-vous sur une chaise, pied décollé du sol.Réalisation :

- effectuez lentement des cercles avec la cheville ;

- réalisez 10 rotations dans chaque sens ;

- le mouvement doit être lent et contrôlé ;

- évitez toute douleur vive.

Objectif :

retrouver progressivement la mobilité articulaire sans irriter le ligament.Fréquence :

3 à 5 fois par jour.

2. Alphabet avec le pied

Position :

Assis, jambe légèrement tendue.Réalisation :

- imaginez que votre gros orteil est un stylo ;

- dessinez lentement les lettres de l’alphabet dans l’air ;

- le mouvement doit venir uniquement de la cheville.

Objectif :

mobilisation multidirectionnelle douce et stimulation neuromusculaire.

3. Travail de montée sur pointe de pied

Exercice de renforcement essentiel pour retrouver la stabilité.Position :

Debout face à un mur ou un support stable.Réalisation :

- montez lentement sur la pointe des deux pieds ;

- maintenez 2 secondes en haut ;

- redescendez lentement ;

- lorsque cela devient facile, réalisez l’exercice uniquement sur la jambe blessée.

Séries :

3 séries de 10 à 15 répétitions.Points importants :

- le mouvement doit rester contrôlé ;

- la cheville ne doit pas partir vers l’extérieur ;

- une légère fatigue musculaire est normale.

4. Travail de proprioception

La proprioception est fondamentale après une entorse. C’est elle qui permet à la cheville de retrouver sa capacité à réagir rapidement aux déséquilibres.Position :

Debout près d’un support sécurisé.Réalisation :

- tenez en équilibre sur une seule jambe ;

- gardez le bassin stable ;

- fixez un point devant vous ;

- maintenez 20 à 30 secondes.

Progression :

- fermer les yeux ;

- réaliser l’exercice sur un coussin ;

- effectuer de petits mouvements de bras.

Objectif :

réduire fortement le risque de récidive.

5. Étirement du mollet

Après plusieurs jours de boiterie, le mollet devient souvent raide.Position :

Face à un mur.Réalisation :

- placez la jambe blessée derrière ;

- gardez le talon au sol ;

- fléchissez la jambe avant ;

- vous devez sentir un étirement dans le mollet arrière ;

- maintenez 30 secondes sans douleur.

Séries :

3 répétitions.

Combien de temps dure la récupération ?

Le délai dépend du grade de l’entorse.En moyenne :

- entorse légère : 2 à 3 semaines ;

- entorse modérée : 4 à 8 semaines ;

- entorse grave : parfois plusieurs mois.

Même lorsque la douleur disparaît rapidement, le ligament continue souvent à cicatriser pendant plusieurs semaines. 

Les erreurs les plus fréquentes après une entorse

Reprendre le sport trop tôt

C’est la principale cause de récidive.

Immobiliser totalement trop longtemps

Une immobilisation prolongée favorise :

- la perte musculaire ;

- la raideur ;

- la diminution de proprioception.

Négliger la rééducation

Une douleur disparue ne signifie pas que la cheville est totalement récupérée.

Ignorer une douleur persistante

Une douleur chronique après entorse peut révéler :

- une instabilité ligamentaire ;

- une atteinte cartilagineuse ;

- un conflit articulaire ;

- une lésion tendineuse associée.


Quand consulter un ostéopathe après une entorse ?

L’ostéopathie peut être pertinente dans la prise en charge globale après une entorse, notamment afin de :

- améliorer la mobilité articulaire ;

- réduire certaines compensations ;

- accompagner la reprise fonctionnelle ;

- optimiser le travail de récupération mécanique.

Une évaluation globale est particulièrement utile lorsque :

- la douleur persiste ;

- la cheville reste raide ;

- la marche demeure asymétrique ;

- des récidives apparaissent ;

- une reprise sportive est difficile.


Une entorse n’est jamais une blessure à banaliser. Une prise en charge précoce, progressive et adaptée permet de limiter fortement les risques de douleur chronique ou d’instabilité. 

Les premiers jours sont essentiels : protéger sans immobiliser excessivement, reprendre progressivement l’appui et commencer rapidement un travail de mobilité et de proprioception sont aujourd’hui les piliers d’une récupération moderne et efficace. 

Si vous présentez une douleur persistante, une gêne à la marche ou des récidives après une entorse, un accompagnement personnalisé peut permettre d’optimiser votre récupération et votre retour au sport.

Prendre rendez-vous : Doctolib – Gabriel Carro Ostéopathe Annecy

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